Le coeur des femmes
Mais qui s'en soucie vraiment? Qui prend le temps de l'écouter et de respecter son tempo? Oui on en disserte, en prose, en quatrain, en mots rouge ou verts et ce depuis longtemps. On le chante et le vénère, on lui construit des temples, des châteaux ou des tombeaux. On peut le sertir d'or pour lui prouver tout l'amour qu'on lui a porté. Mais il est trop tard alors.
Le coeur des femmes est souvent confondus avec d'autres : celui des amantes, des maitresses et des jeunes filles amourachées, celui des mères, des nourricières, celui des soeurs, des amies, des confidentes, des muses, celui des vieilles dames, des aïeules, des saintes. C'est ici les sentiments, les émotions dont on traite en sujet, tout ce qui n'est pas tangible, tout ce qui est incertain à saisir, qui est changeant, mouvant et qui parfois prête à rougir.
Je veux ici parler du muscle. De la petite machine pompante qui martèle chaque seconde de notre souffle, la mécanique qui ventricule, fait tourner notre sang, tout le temps, sans cesse. On parle de la chair, de réseaux artériens, de valves, de tronc, de ventricule, d'oreillette et de veine cave. Le connaissez-vous vraiment votre coeur? Savez-vous qu'il n'est pas plus fort que ceux des hommes?
Vous l'entendez, certes, mais l'écoutez-vous vraiment? Une petite fatigue, juste un peu de nausée, sûrement une mauvaise nuit, un sac trop lourd que j'ai porté... Êtes-vous certaines? Je ne le suis pas. Une vie trop pleine, des stress à gérer, une carrière à mener, une famille à élever, un partenaire à aimer et toujours plus qui s'ajoute à la liste, aux listes. Une nouvelle génération de femmes tombe et plus que les hommes. Elles s'effondrent seule, à la sortie d'un taxi, en débarrassant la table du soir, en sortant de chez le boucher, dans le couloir de leur bureau... Elles tombent d'un coup, un seul. Personne pour les rattraper. Leur coeur s'est arrêté. La cinquantaine à peine passée. Arrêt du coeur, c'est tout. Il y a sûrement eu des signes avant coureur, mais aurait-il encore fallu vouloir les lire : une toute petite fatigue, à peine un mal de coeur... Nous nous ne connaissons que trop mal. Nous assumons parfois plus que notre corps ne peut assumer.
Depuis quelques mois, je vois tomber plusieurs de ces femmes. La dernière le 15 décembre dernier. Elle finissait sa journée, avait à peine claqué la porte du taxi. Son coeur s'est arrêté, là sur un trottoir gelé. Il ne sera pas disséqué, on ne va pas commencer à aller le déranger : on n'est jamais allé s'en occuper. On ne saura pas l'origine de la panne. On ne fera pas de lien avec le rythme de vie, la contraception, le manque de sommeil... On regrette sa générosité, son amour pour ses trois filles, sa compassion et son ouverture vers les autres. Je vous le rappelle : on chante un coeur, on ne pleure pas un muscle.
Je regarde mes journées, mes semaines de planning différement. Je veux écouter mon coeur à présent, ressentir ses contractions, évaluer ses pulsations. Ma petite machine, à part moi, qui s'en soucie vraiment?
Mia Bergeron - Red Dress I
Citoyennes
Il y a celle que je suis, ancrée au plus profond. Celle-là réagit par le coeur, laissant souvent sa raison de côté. on ne peut être totalement raisonnable quand il s'agit de racines profondes, de lourds rochers séculaires et de sang bouillonnant. Non, cette identité-là n'est pas pondérée et réfléchie, elle me vient des tripes et peut se nicher dans mes larmes lorsque le son d'une cornemuse retendit au coin de la rue ici. C'est ainsi que nous nous reconnaissons, nous flottons sur nos vagues.
Il y a celle du territoire, là où je suis née. C'est arrivé là, cela aurait pu être ailleurs, et même ici déjà. Le destin, le hasard, ou bien les deux à la fois ont décidé de ces papiers-là. Je n'en suis pas fière, je ne les renie pas non plus. Mais en lisant ces lignes, République française, je m'aperçois que je les ai plus souvent cachées que chantées. Au long de mon parcours, j'ai eu souvent à en rougir ne trouvant pas d'excuses, ne cherchant pas de justifications. Je ne m'y retrouve pas. Pas beaucoup, plus tellement. Non ce n'est pas récent. J'ai enflé cette distance il y a bien longtemps, un soir d'octobre, j'avais tout juste onze ans. Les papiers sont en sommeil, je les réveille juste de temps en temps.
Il y a celle d'aujourd'hui, que j'ai souhaité et que je construis. Elle est en questionnement, on lui répond, on l'écoute. Elle avance, se sentant accueillie, et même attendue. Elle et d'autres aussi, qui viennent de partout jusqu'ici. 76 d'entre nous se sont levés un matin d'été. La main droite levée face à un drapeau déployée. 43 nationalités. Le plus jeune avait 3 ans, il était afghan. L'ainée en avait 86, elle portait sa robe traditionnelle des hauts plateaux du Tibet. Les cheveux natés, les yeux brillants et les mains jointes, elle a salué la juge anglo-protestante qui nous assermentait. Les deux Canadas se croisaient. De ma nouvelle citoyenneté, c'est cette image que je veux garder. Un échange entendu, une reconnaissance réciproque et surtout une volonté commune d'aller de l'avant. Ensemble. Tout n'est pas parfait, tout le monde ne se rallie pas à cette union. Mais les efforts développés montrent l'enthousiasme et l'envie de faire. Deux mots que je n'avais pas entendus depuis un long moment. Deux mots que je n'avais que rarement vus mis en application.
Mes papiers sont en ordre, premiers, seconds, derniers. Malgré tout cela, je voyage léger.
Marc Chagall - Ange bleu
Premier jour
L'hiver à peine arrivé, il s'est retrouvé chassé. La neige nous aura servi pour quelques glissades, son voile blanc s'est effacé dans la nuit. Le vert est encore présent, les roux l'encadrent, les odeurs ramènent l'automne. Les écureuils nous regardent interloqués : hein, comment? L'hiver est-il déjà passé?
Le rideau de pluie s'est écarté pour des rayons de soleil ce matin et c'est juste ce qu'il me fallait. Un ciel d'outre atlantique, une ambiance de décembre granit. Entre filles nous avons chaussé nos bottes et nous sommes allées marcher dans les flaques. Juste une balade qui ressemblait à celles que j'ai pu faire dans les rues briques anglaises. Le flic-flac me projettait là où j'ai le plus de mal à oublier. Un pays qui n'est pas le mien mais auquel je suis sincèrement attachée. Albion me manque plus que de raison. Ma nostalgie me trouble, elle ressemble presque à un présage, une intuition. Mes errances y aboutiront peut être un jour, ou plutôt un soir. J'y arriverai de nuit par le dernier ferry pour m'engouffrer dans un taxi luisant noir. J'entends le bruit du moteur.
Elle l'interromp de sa petite voix : "Oh, le gelato des glaces est ouvert!". Nous nous sommes attablées puisque ce n'est plus l'hiver, chocolat pour elle, amaretto pour moi. C'est vers le sud que je suis repartie cette fois. Vers un pays que je ne connais que par les yeux des autres, que j'aimerais beaucoup voir pour le croire moi même. Un vieux couple assis à côté de nous est arrivé ici dans un ferry, de nuit. Ils ont laissé Palerme pour reconstruire leur vie. Leurs mains caressent leurs souvenirs, leurs yeux me confirment qu'ils n'ont pas de regret. Elle termine ses phrases, il la laisse faire. Pour les yeux de ma fille, l'homme s'est mis à chanter un air de sa jeunesse passée. Les petites mains ont longuement applaudi : "C'est beau le zitalien, hein maman?". Je ne l'avais pas oublié.
En rentrant, nous avons rencontré Sergueï qui finissait son réveillon un café à la main. "Je vous parlerai demain. Sinon je vais tout oublier." Le chat nous attendait à la fenêtre.
" Mais où est-ce-que vous étiez?"
Un peu là bas, un peu partout et même en Zitalie cette fois. C'était le premier jour, il est presque achevé déjà.
Catherine Jeffrey - Yonge street patterns Toronto
Année ancienne
2011 agonise. Elle s'éteint doucement ici à l'abri, à peine éclairée par quelques lumières, réchauffée par les plaids ou les laines se mélangent en couleurs. Elle s'est déjà endormie sous les paupières de la plus petite, son souffle léger l'emporte déjà vers demain, une année nouvelle.
2011 restera dans ma mémoire pour autant de bons que de tristes souvenirs. Il y a des années plus pleines que d'autres et celle-ci en fera partie. De la distance encore, celle que j'ai voulue et celle qu'on m'impose. L'une que je sais mieux gérer et l'autre qui m'attriste toujours. De l'attention, celle que je porte volontaire, consciente et sincère et de celle que je ne porte plus, par manque de temps, de volonté aussi il faut bien l'avouer. Des larmes, d'inquiétude, des larmes blanches qui coupent l'âme en deux. Des heures à attendre un résultat pour un sang soi-disant mauvais. De la tourmente pour de longues et nombreuses minutes assassines, à en regretter de ne pas savoir prier. Mais seulement des minutes pour nous, alors que d'autres passent leur vie dans pareille inquiétude. Des larmes de compassion pour des personnes parties trop vite, trop tôt ces trois derniers mois. Accompagner ceux qui restent, ne pas regretter d'être toujours là. Parce que la vie c'est aussi cela, nous en faisons tous partie.
Des larmes d'émotion, souvent, à les voir grandir ensemble, frère et soeur si unis malgré les ans qui les séparent. Les trouver beaux, bons aussi et souhaiter qu'ils le restent toujours. Des larmes de joie de voir de nouveaux yeux bleus rejoindre la famille. Une petite fille si douce et si rose que j'oublierais presque la sensation de revoir mon petit frère, en robe cette fois-ci. Une petite cousine qui partage les bras des grands-parents là-bas. Un peu le coeur serré d'être au loin, de ne pas la voir grandir. C'est ainsi. Des joies pleines et d'autres fracassées. Jamais année n'aura été aussi chahutée. Des promesses que je n'ose plus dire sans être certaine de pouvoir les tenir. Ma conscience se tache de tout ce que je n'ai pas pu dire ou faire. Des changements voulus qui aboutissent plus vite que prévu. Pas assez de temps mais tellement d'envie. Et on me souffle que cela me va bien. Alors j'avance, et je suis en vie.
2011 je ne te regretterai pas. Mon regard se tourne déjà vers tout ce que je ne connais pas.
Paul Klee - Fig tree
Dernière unité
Il est entré dans cette année comme si c'était la dernière. Comme si il avait déjà compris qu'il tournait les ultimes pages de sa tendre enfance. Je le vois se ramollir le coeur en regardant sa soeur, et l'envier un peu quand même.
Ses idées sont projetées, il nous épate par sa candeur maîtrisée. Un sens aigu de la justice lui perce parfois l'âme lorsque se dresse devant lui un abandon. Car pour lui, on ne lâche pas, on fini toujours ce qui est commencé. Encore et encore, en avant, de biais s'il le faut, il avance, raisonne, façonne.
Je l'ai vu baissé la tête de tristesse, quand une amitié le délaisse. Mais je le vois la redresser à présent en quête de jolis yeux et d'un sourire posé. J'aime son audace, son aisance polie face à tous, à n'importe qui. J'aime le voir questionner les adultes, ne pas se satisfaire d'une demie réponse. J'aime le voir indulgent, comprendre les limites de chacun, repousser les siennes. J'aime qu'il ait du coeur autant que de raison.
Une dernière année à l'unité. C'est ce qu'il aime ajouter. Je le vois qui attend la dizaine avec impatience et nostalgie. Et Noël qui arrive. "Est-ce-que je peux faire semblant d'y croire cette année aussi?".
Sir William Newenham _ a portrait of Master Spottiswoode
Madame Abeille
Madame Abeille n'est pas vraiment affairée. Tout le monde pense qu'elle n'arrête pas du matin au soir, du soir au matin. Elle entretient sa renommée de grande travailleuse à grand coup de conversation pressée entre deux portes, vite, vite, je n'ai vraiment pas le temps. Toujours des dossiers sous le bras, toujours les cheveux un peu défaits, toujours le regard en errance, jamais d'écoute pour les autres. Madame Abeille est petite, en mouvement perpétuel sur ses talons claquants, elle agite ses petites ailes à une vitesse défiant toute concurrence. D'ailleurs la concurrence ne la défie pas.
Beaucoup de bruit pour rien, elle butine les informations en surface pour se gonfler d'importance. Chargée plus que de raison de données utiles uniquement à sa survivance sociale. Madame Abeille bourdonne aux oreilles de tous, si fortement, si appliquée que plus personne ne l'écoute depuis longtemps. Elle poursuit alors sa course effrenée, virevoltante, se butant aux refus agacés de ses confrères. Elle ne réalise pas que sa danse leur rappelle sans cesse le travail à accomplir, leur application à leur tâche, leur paresse cachée. Plus vite, plus pressante, plus bruyante, elle finit toujours par pousser à bout celui qui lancera un geste énervé pour l'écarter.
C'est alors que Madame Abeille sort son dard. Bien affûté, luisant et assassin. Je n'avais jamais réalisé combien une petite chose bruyante pouvait causer de si grands fracas. Peut importe la proie, grande ou imposante, elle fonce et pique jusqu'au sang, tenant bon, ne lâchant pas. La victime se souviendra de la brulûre à jamais, les témoins n'oublieront pas la douleur sur son visage. Madame Abeille ne meurt jamais de ses assaults : ils la régénèrent au contraire. Et très vite, après seulement un court instant de silence contenté, vous entrendrez à nouveau son bourdonnement ronrronant.
Et vous resterez aux aguêts.
Lita Albuquerque _ Beekeeper (computer software generated video projection)
Kinesthésie
Les semaines sont folles. Ou peut être est-ce seulement moi. Les journées ne sont pas commencées que je sais qu'elles ne suffiront pas. Il faudra aussi les nuits, moins de sommeil, et même des rêves occupés.
Mes perspectives sont filantes. Ou peut être est-ce vraiment moi qui force sans cesse l'allure en ignorant les obstacles. La vitesse est grisante, le risque ennivrant. J'en ai toujours eu envie, je ne vis que comme cela.
Les nouveaux regards sont bienveillants. Ou peut être est-ce moi qui suis reconnaissante. Je force ma place dans le creux d'un nid bien établi. Un peu coucou, un peu colibri. Quel cadeau après une première vie de métier pouvoir tout recommencer, ailleurs.
Les miens sont prévoyants. Ou bien est-ce moi qui les remercie sans cesse de m'attendre, de comprendre, de m'encourager. Sans eux, je n'y serais jamais arrivée. Et je ne suis qu'à peine partie.
J'ai beaucoup de chance. Ou bien est-ce que je l'ai semée un jour d'été au creux d'un wagon qui roulait loin de celui que j'aimais. Ces quelques heures durant lesquelles j'ai décidé de ma route. Seule, en pensant à nous. Quelques minutes à peine, intenses et lourdes. Des mots posés sur mon coeur pour que ma raison fonctionne. Ces minutes, chaque jour je les embrasse.
Le temps me manque pour tant de choses. Mais certainement pas pour l'essentiel. Qu'on m'attende. Qu'on m'oublie. Qu'on me vante ou qu'on me maudit. J'avance toujours et encore.
Le mouvement, c'est ma vie.
William Turner - Golden Meadow
Tous ceux que j'ai réveillés
En ce jour, comme chaque année, j'ai dis haut et clair ma petite liste de tous ceux que j'ai connus en vrai, en histoire aussi.
Tous ceux dont la disparition m'a touchée, je vous retiens, à jamais.
Texte du temps où j'étais "elle"...
Pas d'histoire
Sa robe légère l'accompagnait pour une dernière promenade cette saison. Elle avait retiré la laine de ses épaules avant de se hisser sur sa bicyclette. Les cheveux déliés, ses lunettes de soleil sur le nez, elle était partie sans autre but précis que celui de s'envoler. Fermer la porte de la maison et assourdir leurs bruits et paroles familières, se détourner de leurs gestes et de leurs manières, être seule et ne regarder que devant, ouvert et libre. Lire cette heure comme une possibilité.
Imaginer que si. Même si c'est fou, même si c'est interdit, même si elle se l'interdit. Se rappeler les premiers regards, les sourires cachés, ces signes qui l'ont faite douter. Lorsqu'il s'est déclaré, revivre son trouble de ne pas être surprise. Laisser ses joues redevenir rosées, ce sentiment doux d'être désirée comme elle l'espèrait, tout au fond, dissimulé. Non ils n'étaient plus des adolescents, non ils n'étaient pas seuls même isolés dans ce jardin. Toute leur vie était là, les conjoints, les enfants. Elle les voyaient au-delà de ses yeux qui cherchaient les siens. Elle les entendait sous ses mots tendres qu'il lui murmurait pour la première fois.
Prendre sa main quand même. Une autre main dans la sienne. Pas un remplacement, pas de manque à combler. Juste une paume plus large, des doigts qui ne la connaissent pas. Juste un bras qui la rapproche, une épaule qui l'attire, moins haute, un autre appui. Elle qui regarde son corps suivre ce nouveau ballet, qui se dit qu'elle ne connait pas les pas, qu'elle ne veut pas se laisser mener. Et puis un baiser, à tout prendre qu'est-ce qu'un baiser? Mais elle s'est détournée. De lui cette fois-là.
Les rues sont dégagées. Il est décidément trop tôt pour cette journée. Ses jambes s'allongent et se plient en cadence. Son souffle lui indique qu'elle a accéléré. Elle se détourne de ce souvenir, elle le laisser filer. Ses yeux brillent moins, ses mains ne tremblent plus. Ses reins ne sont réchauffés que par les derniers rayons de soleil de l'été. Il n'y a plus rien à raconter.
Jean-Hyppolite Flandrin - Jeune Fille
Merci Cyrano.
Presque 3
Moi j'aime faire de la patate mollée.
Tu sais, je vélote très vite maintenant.
Je te t'aime très fort.
Pourquoi la lune rigole toute seule?
Oh lala, la cacastrophe!
Je voudrais mettre mon pantaplon aujourd'hui.
Le ciel gris est en colère, il pleure fort et il crache clair.
C'est l'automne, les feuilles mortes sont lâchées par les arbres. C'est pas sympa, hein?
L'écureuil a deux oreilles, une pour entendre et l'autre aussi.
On va au musée des beaux arbres?
Sur le trottoir, il y a un monsieur qui joue du klaxophone.
Voilà, j'ai tout boiré mon lait.
Je ne dessine pas, j'écris. J'écris des ronds de lettre en forme de mots en ligne.
J'ai couri très vite, j'ai prendé mes tennis. Tu m'as voiré?
Les filles pleurent beaucoup quand même. Moi je suis une fille mais pas trop, juste un petit peu.
Quand je serais grande moi je serais papa de mon frère et une dame aussi. Mais grande.
Pourquoi les gens ils plient leur peau pour faire des masques? Ça fait peur...
...
Oui dans le fond, pourquoi?
Marina Dieul - La Bergeronette









