matisse_icarus_1847

J'ignorais qu'il était déplacé d'émettre une opinion, d'exprimer une réaction à l'actualité,  A ce qui se passe autour de nous, pas si loin que cela, à des gens pas si différents que nous.

J'ignorais que la compassion, l'inquiétude, la souffrance n'appartenaient qu'à ceux qui les revendiquent dans des textes. J'ai une religion, je ne la renie pas. Elle m'accompagne, elle est là. Je ne lui répond que peu, mais je crois que peut être un jour viendra...

J'ignorais que nous pouvions décider de qui avait le droit de vivre. J'ignorais que les enfants sont coupables, que les adultes doivent expier. J'ignorais que notre mémoire était si courte, enfin si, je m'en doutais déjà. Qu'il n'y a pas si longtemps on traitait des hommes comme des produits, que nous les arrachions à leur terre et à leur culture. Qu'après des siècles d'exploitation, nous leur demandions de rester calmes sur un bout de rocher, et surtout de ne pas trop crier. Que nos oreilles en sont pleines de cris, et que nous en avions assez.
Mes oreilles sont grandes ouvertes. Les cris arrivent jusqu'à moi. Je souhaitais en parler, je l'ai fait. Ici et ailleurs aussi.

Je ne suis pas noire de peau, je ne suis pas allée là-bas, je n'irais peut être pas. Je serre la main à des hommes et des femmes qui aujourd'hui souffrent et je les prend dans mes bras. Je crois aux hommes, je crois que nous sommes ensemble, je ne m'exclue pas, je ne les exclue pas.

J'ignorais qu'un blog doive parler uniquement de cuisine, de tricot, couture, météo et décoration. Tout cela est beau, je les regarde, assidument. J'ai choisi de parler d'autre chose, enfin je crois.

Vous qui lisez un peu ou un peu plus ici, voilà qui je suis. Je comprend que tout ne plaise pas, et rassurez vous, ça n'est pas fait pour ça.

J'ignorais que je pouvais déclencher des réactions de haine. Je le sais, à présent.

Fais ce que doit, advienne que pourra.

Matisse - Icare (1847)