Rene_Magritte_The_Tempest

Les fenêtres sont grandes ouvertes. Le froid se glisse doucement, rafraîchit les tissus, les murs, mes idées.
Je n'aurais pas du l'oublier, ma bonne étoile là-haut perchée. Ce n'est pas que j'y crois vraiment, mais elle se rappelle à moi régulièrement et je ne peux que constater ses bienfaits. Forcément.

Il n'y a pas de hasard, les choses viennent à nous pour des raisons qui nous échappent souvent, ou nous frappent brutalement. Chaque action s'attache à un fil, qui se déroule, continu et têtu.

Parfois lâche, il se roule autour de nous, il peut même créer des nœuds. Des nœuds qui se défont et d'autres non. Châpelet qui s'égraine, je me passerais bien de toi.
Parfois tendu, le fil nous piège et fend nos jambes. Nous voici à terre très étonnés de la chute. Lorsque je me relève, je comprend. Debout, en funambule, j'avance lentement.

J'ai reconnu le fil, j'ai retrouvé sa source, petite pelote dure enfouie au fond du sac. Elle a expiré, je lui ai tiré dessus.

Je ventile ma maison, j'aère ma raison. Le grand ménage a repris. Fichtre il était temps.
Les poussières grises s'envolent. Plus loin, pour ne pas se redéposer. Je les ai chassées, mes bras sont rompus mais en redemandent encore.

La rue sonne dans la chambre, le chat frissonne. L'air est renouvelé, il est temps de tout refermer.

René Magriite - La tempête