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La canicule s'est fanée, il ne fait plus que 30 degrés. Les nuits lourdes nous ont volé nos journées. Enfermés, au noir pour ne pas fondre, se liquéfier.

Et j'écris, plein, tard le soir ou tôt la nuit lorsque le chat surgit et que les autres dorment. Les ratons laveurs passent au-dehors, la ville soupire, les grillons frissonent.

Et j'écris beaucoup, comme il y a près de quinze ans, assise à mon bureau blanc, les doigts collés aux touches noires. Le ventilateur s'entête, mon verre d'eau se vide, mes jambes nues protestent. Elles veulent sortir, elles me supplient de marcher, de courir, de m'enfuir peut être. Mais ma tête est têtue, elle veut plus, plus loin, plus fort.

Et j'écris, j'efface et écris encore. Si mes yeux se ferment un peu parfois, les mots défilent toujours. Les enfants sont là à côté mais ne me voient pas. Je ne suis pas là. Je suis plongée dans des livres, des analyses, des réflexions. Réfléchir un avenir qui m'enthousiasme et dévore tout mon temps. Pour le moment.

Et j'écris des textes qui sont dûs, qui seront notés. Des textes en forme de clefs, qui ouvriront je l'espère une nouvelle carrière. Encore trois semaines de cours en intensité, encore des heures volées aux miens, volées à mon sommeil pour cocher une case. Ça, c'est fait. Juillet est presque passé.

 

Laurits Andersen Ring - June, Girl Blowing Dandelion Seeds