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Les semaines sont folles. Ou peut être est-ce seulement moi. Les journées ne sont pas commencées que je sais qu'elles ne suffiront pas. Il faudra aussi les nuits, moins de sommeil, et même des rêves occupés.

Mes perspectives sont filantes. Ou peut être est-ce vraiment moi qui force sans cesse l'allure en ignorant les obstacles. La vitesse est grisante, le risque ennivrant. J'en ai toujours eu envie, je ne vis que comme cela.

Les nouveaux regards sont bienveillants. Ou peut être est-ce moi qui suis reconnaissante. Je force ma place dans le creux d'un nid bien établi. Un peu coucou, un peu colibri. Quel cadeau après une première vie de métier pouvoir tout recommencer, ailleurs.

Les miens sont prévoyants. Ou bien est-ce moi qui les remercie sans cesse de m'attendre, de comprendre, de m'encourager. Sans eux, je n'y serais jamais arrivée. Et je ne suis qu'à peine partie.

J'ai beaucoup de chance. Ou bien est-ce que je l'ai semée un jour d'été au creux d'un wagon qui roulait loin de celui que j'aimais. Ces quelques heures durant lesquelles j'ai décidé de ma route. Seule, en pensant à nous. Quelques minutes à peine, intenses et lourdes. Des mots posés sur mon coeur pour que ma raison fonctionne. Ces minutes, chaque jour je les embrasse.

Le temps me manque pour tant de choses. Mais certainement pas pour l'essentiel. Qu'on m'attende. Qu'on m'oublie. Qu'on me vante ou qu'on me maudit. J'avance toujours et encore.

Le mouvement, c'est ma vie.

 

William Turner - Golden Meadow