Orpen-Sir-William-Newenham-Montague-A-Portrait-Of-Master-Spottiswoode

Il est entré dans cette année comme si c'était la dernière. Comme si il avait déjà compris qu'il tournait les ultimes pages de sa tendre enfance. Je le vois se ramollir le coeur en regardant sa soeur, et l'envier un peu quand même.

Ses idées sont projetées, il nous épate par sa candeur maîtrisée. Un sens aigu de la justice lui perce parfois l'âme lorsque se dresse devant lui un abandon. Car pour lui, on ne lâche pas, on fini toujours ce qui est commencé. Encore et encore, en avant, de biais s'il le faut, il avance, raisonne, façonne. 

Je l'ai vu baissé la tête de tristesse, quand une amitié le délaisse. Mais je le vois la redresser à présent en quête de jolis yeux et d'un sourire posé. J'aime son audace, son aisance polie face à tous, à n'importe qui. J'aime le voir questionner les adultes, ne pas se satisfaire d'une demie réponse. J'aime le voir indulgent, comprendre les limites de chacun, repousser les siennes. J'aime qu'il ait du coeur autant que de raison.

Une dernière année à l'unité. C'est ce qu'il aime ajouter. Je le vois qui attend la dizaine avec impatience et nostalgie. Et Noël qui arrive. "Est-ce-que je peux faire semblant d'y croire cette année aussi?".

 

Sir William Newenham _ a portrait of Master Spottiswoode