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Ce doit être ce sourire qu'il affiche toujours, même en parlant de choses de tous les jours. Ses yeux qui brillent quand ils se plissent pour accompagner ce sourire. Ce doit être sa peau qui irradie tout autours. Ce doit être tout cela. Et sa voix qui se pose sur son coeur, ses mots sans importance qui le font résonner d'une tendre façon. Elle ferme ses yeux juste pour sa voix, juste pour l'inscrire en elle. 

Ce doit être ses gestes, son mouvement d'épaule lorsque qu'il avoue qu'il ne sait pas. Son pas assuré qui danse sur le trottoir luisant. Sa silhouette balancée pour gravir les marches qui montent tout en haut, l'impatience à peine retenue d'une éducation convenue. Ce doit être son bras qui sait la soulever quand elle croit ne jamais pouvoir repartir, ses mains qui courent et qui la font sombrer. 

Ce doit être son assurance d'être auprès d'elle demain, dans une semaine, pour toujours. Une affirmation, une seule, qu'il lui a faite il y a plusieurs années déjà. Il ne la répètera pas, elle n'en a pas besoin. Ce doit être sa vision claire et dégagée de ce qu'ils seront, de ce qu'ils feront. Il le sait, c'est tout ce qu'il peut lui affirmer. Et elle le croit.

Ce doit être le temps qu'il faisait ce jour-là, un ciel voilé de bleu tremblant, une lumière diffuse venant de partout. Un réveil brumeux, les idées endormies avant qu'elle ne le vit. Son regard approbateur déjà. Ce doit être le fait de s'être reconnus, assis face à face, un matin de juillet, alors que personne ne les reconnaissait. Tous les autres ont douté tour à tour. Ce doit être leur résistance à la distance, au temps séparés. Un lien tissé invisible de tous, des autres encore.

Ce doit être un peu de tout cela, ou peut être rien du tout.

Ce doit être l'évidence, ou juste être fous. Sûrement.

 

Sir Frederick Leighton - The golden hours