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Les plus hautes températures alourdissent les après midis. L'air semble rempli du passé, il est épais, voilé. La lumière blanche me rappelle que mes yeux ne sont pas sortis depuis trop longtemps. La nouvelle saison est donc bien arrivée. Je ne le savais pas. Les aurevoirs sont faits, empaquetés, libellés, archivés. Peut être que ces mêmes boîtes se rouvriront en septembre, peut être pas. Le manège que j'ai choisi tourne lentement mais sûrement. Mon tour est fini. J'attends le prochain. J'attends qu'on m'appelle, qu'on me dise que oui, on veut vriament de moi. J'attends qu'on me laisse faire, qu'on me donne une petite place.

Je ne sais pas attendre. Je n'ai pas été construite pour cela. Je pourrais tout envoyer au diable, mais il n'est même pas là. 

Voici des jours creux, qui font écho à mes doutes, mes inquiétudes qui n'en sont pas vraiment. Un temps de régression, de repli, de cocon. Je m'y plonge, je relis, je revois, je me rappelle. Même d'ici. Et je reviens, je remonte, je me redresse, je repars.

Il n'y a rien qui change. À part moi. 

Il n'y a rien qui ne s'arrête. À part moi. Et c'est doux parfois de s'arrêter. De s'écarter du flot, de sentir ce maudit soleil me brûler, de laisser le vent chaud sêcher mes lèvres. Et de me désaltérer. Une oasis pour l'esprit. Voilà ce qu'il me faut. 

 

Geneviève Asse - Incertitude nomade