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Ici c'est ce qui nous manque le plus sans que nous le sachions. Chaque hiver passe avec cette sensation de chapeau sombre enfoncé sur les yeux. Mars arrive et tout s'illumine, au propre comme au figuré. Le soleil perce le gris plafond et nous aveugle criard : comment? Vous m'aviez oublié? Vous pensiez vivre sans moi?

La lumière force les matins et pour la première fois cette semaine, les oiseaux nous ont réveillés. Pour la première fois, les bulbes ont crevé la glace qui s'enfuit en lambeaux mouillés. Pour la première fois. Les longues semaines sombres nous font vivre le dégel comme un renouveau absolu, comme une résurrection après l'apocalypse. L'excitation est éclose, elle explose.

"Les écureuils ne sont pas morts!" Cri entendu à la découverte d'un intrus sur notre fenêtre ouverte, pour la première fois.

Le pic-vert qui est blanc d'ailleurs nous jetait des morceaux d'écorce lorsque nous sommes sortis sur le perron : Vous êtes en retard! Vous avez trop dormi! Vous avez rater deux heures pleines de soleil de cette année. Il vous en côutera, vous verrez!

"Non, je ne rentre plus jamais! D'ailleurs le soleil non plus ne veut pas se coucher." Ce satané changement d'heure s'est pour une fois passé sans grand tracas. La lumière partout dedans, dehors, sur leurs fronts nus pour la première fois, en nous pour nous recharger.

Soleil, soleil, mes yeux clos t'ont capturé tout entier. La fin de l'hiver chrysalide tes promesses de l'été.

 

Frank Johnston - Fickle March