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C'est beau de recommencer. De savoir reprendre après une longue pause forcée ou imposée. Aligner ses outils, ses armes et les affûter, les saisir entre ses mains comme le premier jour qu'on les a saisis. 

C'est beau de faire des listes, de cocher de qu'on a fait et de voir tout ce qui reste encore à accomplir. Se dire que le vide se remplit tout de suite, que tout tourne. Ou bien ce n'est décidément que moi. 

C'est beau de voir leur excitation de s'en aller de chez nous, de passer des journées pleines d'ailleurs, d'autres. De nouveautés belles et même de celles qui font peur. Ils semblent plus courageux que moi, ou ils le prétendent mieux.

C'est beau cette agitation tout autours et se forcer à lever le pas avant de l'avoir engagé. J'ai du temps au moment même où on m'emploie. Ce serait dommage de ne pas en profiter. D'ailleurs j'essaie de le faire bien qu'on ne m'ait jamais appris comment. (leur apprendre à profiter.)

C'est beau ce ciel bleu lavé, ce soleil qui mord encore lorsque le vent se glisse dans votre dos pour le faire frissonner. J'ai aimé moucher le premier nez, mettre une petite laine. Mais manger encore dehors, têtus, têtes nues de soleil.

C'est beau de me dire que j'ai encore envie d'écrire ici, que cela ne m'est pas passé alors que... bon... l'été aurait pu m'en décourager. Reprendre l'exercice dans les doigts, pianoter un peu à l'aveugle sans trop savoir ce que mes mots vont devenir. Se dire qu'il suffit d'ouvrir la fenêtre pour qu'ils s'écoulent tous seuls. Et puis il y a tous ceux dont je n'ai pas parler encore. Ils font franchement la gueule pour tout vous dire. D'ailleurs parce que je nai rien dit du tout. Alors il faut s'y remettre. Non. Je veux m'y remettre.

Je veux rentrer de nouveau sur la Lune.

 

Marc Chagall - le peintre sur la lune