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Il a sû nous étonner depuis septembre. Il avait bien préparer sa plaiedoirie et c'est armé d'arguments irréfutables qu'il nous avait demandé un morceau d'indépendance. Nous n'avions pas résisté mais j'avoue que le doute accompagnait mon approbation.

Il était trop brouillon, pas assez concentré certainement. Je ne pensais pas qu'il tiendrait son engagement. J'avais tort et j'en suis fière. Je suis fière de voir que mon fils sait déjà comment réaliser ce qu'il veut. Oh le souhait est souvent petit mais l'accomplissement est toujours de taille. Seul. Partir le matin, revenir l'après midi. Seul. Faire les devoirs et même au-delà selon notre contrat. Lire, dessiner, inventer, jouer encore un peu quand même. Seul. Appeler pour dire que tout va bien, qu'il s'est aperçu qu'il n'y a plus de lait, demander une demie heure de privilège de temps en temps. Seul. Se rendre à ses entraînements, préparer son équipement. Anticiper, organiser, ranger. Oui, aussi.

Et puis quand vient l'heure, souvent le soir ou dans le creux d'une matinée qui se traîne, il se laisse glisser sous mon bras, se replie contre mon flanc et écoute battre mon coeur. Je sens la chaleur familière d'un corps qui s'allonge tant qu'il dépassera le mien un jour. Je carresse des cheveux où d'autres mains passeront plus tard. J'écoute ses joies et ses peines. J'explique ses révoltes tout en les chérissant.

C'est compliqué et c'est tendre en même temps. Notre garçon devient doucement un adolescent.

 

John Opie _ Portrait of a young man