pierre-soulages 2

S'il m'arrive parfois de ressentir un vide à combler que tant d'autres semblent avoir déjà empli de foi, de prières, de certitude, il arrive toujours ce moment où tout semble prendre sens à nouveau.

Une étoile était au-dessus de moi lorsque je suis sortie de ma mère. Elle a pris le relais tout de suite, elle m'a couvée et me couve encore aujourd'hui. Je suis de ceux qui sont drapés d'un voile de chance, de l'assurance qu'au bout de toute chose, cela ira bien. 

Mais j'en doute encore, je n'agis jamais en prévision de sa protection et c'est peut être bien là le grand secret. Ne pas en abuser pour qu'elle dure aussi longtemps que je durerai. Elle me laisse tourner dans les difficultés, l'adversité, un moment, quelques semaines ou quelques mois. Et puis lorsque je n'y crois plus, lorsque je l'oublie, elle apparaît lumineuse et unique. Tout s'aligne dans sa visée. Mais bien sûr qu'il fallait que tout cela arrive, pour que cet instant prenne sens, qu'il fasse écho à ses prédécesseurs et qu'il clame la promesse des suivants.

J'ai la peau de ceux qui restent, qui s'accrochent et qui ne lâchent pas. Prenez-en le meilleur comme le pire, je ne changerai pas. Ma persistance rassure les uns et inquiète les autres tout autant. Mais raison ou tort, j'avance toujours, je dépasse, je longe, décidément j'avance. 

Un message de fin d'année m'a regonflée pour tous les mois de la nouvelle. Quelques mots attendus depuis des mois, d'ailleurs j'avais tout juste pris la décision de ne plus les attendre. C'est alors qu'ils sont arrivés, qu'elle me les a fait parvenir. 

Vous pouvez vous moquer, ne pas y croire, peut m'importe. Mon étoile est passée une soirée de décembre et je glisse encore aujourd'hui sur son sillage poudré. Ce sera une belle année.

 

Pierre Soulage _ 2