thedream_stephaniedeshpande

Février aura apporté la lumière et le ciel bleu. Tout le blanc devient joyeux et il était temps dans cet hiver sans fin. Glisser en rond sur la glace toute seule le matin, mes mitaines rouges aux mains, écouter la ville qui s'agite sans penser à rien d'autre qu'au thé que je prendrai ensuite.

Durant la journée, le silence de la maison me met au pied du mur, je dois réfléchir à ce que je veux, à ce que je suis, non, plutôt à celle que je veux être. Tout un programme. Le voilà le temps que je réclamais pour souffler, me ressourcer. Et qu'est-ce-que j'en fais?

Un peu de léthargie, mais tant que cela. Prendre soin de moi, pour prendre soin d'eux. On me dit que c'est normal, que je demande beaucoup. Trop vite. Je me lasse d'entendre le refrain, je l'ignore. Je fais parce que c'est tout ce je peux. Souvent des petis riens, quelque fois un grand tout. J'ai même repris les pinceaux pour une après midi. Les enfants étaient bien surpris, presque inquiets.

La vie suit son cours, elle déroule ses obligations, ses cailloux et ses moments doux aussi. Il y a des promesses aussi grosses que des mensonges mais elles font du bien. Il y a des visites qui s'annoncent enfin dans un été léger. J'aimerai partir mais en fait, je préfère voyager dans mes songes, le bagage est léger, l'intendance inexistante et les horizons infinis. C'est décidé, ils s'envolleront sans nous et ils sont aux anges. Des mois encore à attendre mais ils en parlent comme d'un cadeau de Noël en plein août.

Il y a ces portraits que j'ai écrits et que je n'arrive pas à publier ici. Trop intimes, trop précis. Il y a une histoire qui se monte et qui se défile. Des idées qui s'affinent et qui ne dégrossisent pas en même temps. L'anonymat ne lui convient pas mais je n'arrive pas à sauter le pas.

Le temps, voilà, c'est dit, j'en ai. Mais vraiment, qu'est-ce-que j'en fais?

 

Stéphanie Deshpande _ the dream