Odilon Redon

les cosmos qui dansent devant les maisons de Montréal

aller danser en sandales dorées

le craquant du feuilletage des Natas

les cheveux des enfants dans la lumière du soir

les paillettes de mon nouveau gloss

le balancement des branches sous le vent

les éclats de rire qui passent dans la nuit sous ma fenêtre

un vieux monsieur qui danse dans un parc

le jardin le matin

Bach à la radio

rouler les vitres grandes ouvertes et chanter fort

les gelato

leurs pieds nus qui dépassent des draps

ne rien faire

une fille en robe à bicyclette

tailler la vigne

écouter le voisin répéter son concert du soir

manger les tomates chaudes de soleil

aller au cinéma, deux fois de suite

ne rien faire du tout

peindre à l'aquarelle sous la tonnelle

savoir qu'elle va mourir bientôt

ne rien pouvoir y faire

se laisser pleurer

se couper les cheveux

les bercer encore un peu

aimer être seule au milieu d'eux

ne pas compter les jours

aller nager le soir

goûter les premières framboises

rien du tout

 

Odilon redon _ Saint Jean