goodhousekeeping

Cela ne fait que quelques heures qu'ils sont partis et déjà je sais que ces jours sans eux ne suffiront pas. La liste de mes envies, de mes besoins s'allongent de minute en minute et j'aurai beau faire, tout ne tiendra pas.

Définir les priorités n'est pas mon fort. Tout est prioritaire, rien ne peut supporter d'être laissé de côté pour plus tard. Quand le temps sera là, quand ce sera leur tour. Je lance tous les chantiers en même temps : nettoyer, trier, vider, jeter et jeter encore. Vendre aussi, tout ce qui peut l'être. Faire un grand vide pour du mieux être. C'est fou ce qu'on accumule en peu de temps. Et l'envie d'autre chose, et l'envie de rien du tout. Du vide tout autours pour que nos idées circulent mieux. Du vide pour qu'ils grandissent encore plus. Du vide pour un appel au silence tout en étant ensemble. Du grand rien avec juste un peu. De l'utile, bien sûr du beau et surtout du confortable. Cela parait si simple, mais le choix est souvent difficile à poser. 

Ah si j'étais seule à vivre ici, ce serait plus simple. Ah, s'il ne tenait qu'à moi. Ah, si je n'étais que la seule à utiliser ses meubles. Mais tout serait si mort finalement. Le bazard c'est aussi la vie et lui laisser la place alimente bien plus de conversations que le vide. Sauf que nous avons dépassé le quota de conversations sur le sujet, et que le silence s'impose à présent. 

Me voici face à une maison monstre qui ne me veut que du bien. Je le sais. Il suffit tout d'abord que je lui allège ses entrailles. Pièce après pièce, étagères après placards, elle sera servile et j'en serai le maître. Même si le temps n'y suffira pas.

 

Coles Phillips _ Girl reading (cover for Good housekeeping)