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Le vent souffle frais et les nuits sont plus au repos. La ville bourdonne à nouveau mais les pressés croisent encore des jambes qui se laissent bronzer sur un banc. Tout le monde sait que les heures chaudes vont durer ici, que septembre sera tendre et octobre doré. Les heures indiennes sont parmi les plus belles de l'année. Il n'y aura rien à regretter. Peut être du temps perdu à ne rien faire, mais non. Peut être des listes à peine entâmées, non plus. Peut être trop de silence mais vraiment je ne crois pas. 

Je ne sais plus très bien ce qui est urgent et ce qui ne l'est pas. Je suis sans repère de temps, d'obligation et si cela peut être grisant, je vois bien que cela ne me correspond pas. Il me faut des limites imposées, il me faut du rythme soutenu et pressé. Il me faut des semaines planifiées sur papier pour tout défaire chaque jour. Il me faut du plein pour apprécier le jour. Pour aimer ralentir, m'arrêter, regarder et apprécier. J'ai fait beaucoup de vide ces dernières semaines. Ce blog a bien failli y passer. Je ne veux plus remplir pour combler. Je veux continuer à évaser, à construire autours d'une réserve cachée qui sera la source d'une énergie renouvelée. Je dis je veux pour me convaincre de cette nécessité. Parce qu'il n'y a plus de temps, parce que c'est trop gâché et parce que nous deux. 

La liste diminue quand même, elle se raye en accélération. Nous serons de nouveau ensemble dans quelques jours et il faut que cette liste disparaisse d'ici là. C'est mon obligation imposée. Rien d'autre ne me force à courir dans tous les sens que l'envie d'en avoir fini. Pour recommencer.

J'accélère, la vitesse de croisière n'est pas si loin et la pente est douce.

 

Nicolas de Stael _ Sicile