Source: Externe

J'ai effacé les quelques brouillons qui s'entassaient dans la liste des messages. Rien n'a abouti jusqu'alors. Je ne suis pas encore sûre que celui-là aboutira.

La vie, vous savez, les amours, les travaux, ce que nous projetons de faire et ce que nous pouvons faire vraiment... Je pense que c'est cela qui me déçoit le plus : le fossé qui sépare le rêvé du possible. Je dois manquer d'ambition. On me dit que je manque de raison. Mais ça, je le savais déjà. 

Le temps file mais je ne me sens pas vieillir. Mon corps me fait remarquer que non, j'ai du mal à l'écouter, à le laisser mener les choses. Je pense que j'ai toujours beaucoup d'énergie, on me dit que j'ai vraiment l'air fatiguée. En regardant les dernières photos de vacances, je me dis que merde, ils ne m'ont pas menti.

Je lis beaucoup les histoires des autres et l'impression que tout est déjà écrit s'inscrute dans mon esprit. Pourquoi vouloir alourdir le monde de mes phrases maladroites? Je pense que tout le monde s'est réfugié dans l'image : on n'y risque moins, on ne dit plus grand chose mais l'interprétation est libre et celui qui passe peut se l'approprier facilement. Alors qu'un texte, franchement! La disparition des mots m'inquiète, elle me confine au silence et à leur contemplation. Je relis des pages tournées il y a longtemps. La démarche est égoïste, je recherche des sentiments passés, j'en découvre de nouveaux. Et curieusement, j'avance.

Je ne suis plus certaine de vouloir écrire mes histoires ici, mais je n'arrive pas à fermer la porte. Elle reste entr'ouverte encore, qui sait, une histoire ou deux pourraient s'y glisser un jour. 

À bon lecteur, salut!

 

Peter Vilhelm _ the open door